Les aventuriers du Pain Perdu…

Est-ce que le pain que nous achetons au supermarché, quand nous n’avons pas le temps de faire des courses dans les commerces locaux ou chez les artisans du coin, est encore bon pour nous? Ne nous sommes nous pas égaré quelque part sur le chemin de la qualité de sa production au détriment d’une vie plus riche, plus remplie, oui mais de quoi?

Le pain c’est vraiment un truc que l’on connait depuis qu’on est tout gamin. Il nous a accompagné de nos premiers pas jusqu’à la lecture de cet article. La baguette au petit-déjeuner, le sandwich du midi, les tartines du quatre-heure, le pain dans la soupe du soir…. En manger est un geste normal, automatique, presque inné et non plus acquis. On fait confiance à sa valeur nutritionnelle et à ses ingrédients. Où est le mal? Hé bien il est dans le petit détail auquel tu ne penses pas. Il se situe dans les intentions de ceux qui te le vendent, de ceux qui le produisent.

Le Belge mange en moyenne 52,9 kg de pain par an, soit 4,4 tartines par jour! C’est quand même plus que des frites, de la bière et du chocolat!!!

Chaque semaine nous découvrons des articles d’investigations qui révèlent par exemple les conditions de détention des animaux qui sont à la base de notre alimentation ou que les pesticides épandus sur les cultures sont responsables de cancers ou encore ce que contiennent réellement tel ou tel produit que l’industrie nous fait ingurgiter gueule ouverte grâce à une machine marketing tournant à plein régime. La santé des uns fait la richesse de beaucoup d’autres. Et le pain n’échappe pas à cette réalité.

On se croirait dans le film « La Soupe Aux Choux »

Prenons au hasard le magazine 60millions de consommateurs. Il a fait quelques révélations sur ce que contient le pain vendu dans les grandes surfaces et dans le commerce de distribution rapide. Et le résultat n’est pas franchement pas fameux pour les pains à la levure et il est loin d’être rassurant…

  • trop de sel : 18 gr voir plus /kg de farine
  • du sucre
  • des additifs: parfois près de 14 différents et ce, en toute légalité
  • résidus de pesticides (généralement farines non bios)
  • mycotoxines (= des moisissures toxiques issues de champignons microscopiques)
  • etc.

Avons-nous donc perdu ce bon pain que notre mère mettait sur notre table quand nous étions petit?

Bannir le pain, c’est se priver en partie d’un apport nutritif non négligeable en glucides lents, vitamines B & E, minéraux et protéines végétales.

Ça c’est le problème et il est de taille. Mais il existe deux solutions quand même

  • Aller chez un maître boulanger, titre qui assure du « caractère artisanal » (voici une carte recensant un grand nombre de ceux-ci en Belgique). Sortez de votre supermarché et allez chez votre artisan local. c’est comme cela que vous participerez à la bonne répartition des richesses, pas en achetant sur Amazon.
  • Faire son pain soi-même, pardi!

Nous allons nous concentrer sur cette seconde option. Nous faisons notre pain nous même à la maison depuis quelques années maintenant.

Avantages

Le gros avantage est de:

1* être maître de la composition de son pain:

  • contrôler les quantités (souvent excessive) de sel et de sucre.
  • jouer sur les farines (de préférence bio et produite artisanalement): froment, épeautre, seigle, sarrasin, riz, kamut, maïs, …
  • ajout les condiments désirés: graines diverses (courges, tournesol, chia, pavot, sésame, …), les fruits secs (figue, raisin, dattes, abricot, baie de goji, noix, noisettes, amandes, …)
  • choisir sa levure ou levain selon ses propres critères
  • mettre une eau de qualité

2* faire des économies: un pain de taille moyenne coûte environ 1,5€ à la production (0,7€ de farine bio; 0,3€ de levure/levain; 0,5€ d’électricité) face à un pain en boulangerie artisanale à 3,5 à 7,5€.

3* Pour le plaisir du fait maison, l’odeur délicieuse qui vient embaumer toute la maison, …

Faire son pain, le B.A.-ba.

Pour les pressés

Un pain tout chaud au réveil, c’est possible grâce à une machine à pain. Tu bosses 5 minutes à tout casser pour rassembler les ingrédients et la machine fait le reste durant 3 à 5h selon le choix de ton pain.

Durant de nombreux mois, je préparais moi-même mon pain à la main. Certes, cela demande une présence et un certain temps mais quel bonheur de le voir lever dans le four. Des amis proches ont eu, probablement, « pitié » de moi ou ont voulu me faire passer au XXIe siècle en m’offrant une machine à pain pour un de mes anniversaires. Je dois avouer que je suis super satisfaite de ce cadeau! Il s’agit de la Panasonic (par ici pour un débriefe)

Pour les passionnés

Faire son pain soit-même demande une certaine organisation car il faut tenir compte des périodes de levée/pousse qui avoisinent facilement 1h. Certaines recettes ne préconise qu’une seule pousse.

En gros faire un pain comprend les étapes suivantes:

  • pétrissage: mélanger tous les ingrédients càd farine, eau, levure/levain, matière grasse et sel.
  • former une boule (= pâton)
  • 1ère pousse/levée sous un linge humide pour éviter le dessèchement. Nos amis les levures passent à l’action
  • Manipuler la pâte pour reformer une boule
  • temps de repos
  • plier et donner la forme voulue au pâton
  • 2ème pousse
  • Cuisson

Le net est rempli de recettes de pain, donc n’hésite pas à exploiter ton navigateur à fond. Ou sinon, je te conseille vivement ce magnifique livre sur le pain qui m’a beaucoup aidé dans mes débuts. Il s’agit du Larousse du Pain écrit par Eric Kayser.

Trucs et astuces

Congeler: Nous faisons en moyenne 1 pain par semaine et au bout du 2ème jour, je le coupe et le congèle pour éviter de manger du pain tout sec le dimanche… On aime les pains perdus, mais tout de même, pas chaque semaine!

Vinaigre de cidre: l’acidité va permettre d’activer plus facilement les levures. Bref, c’est idéal quand on choisit de faire un pain sans ou faible en gluten.

L’eau: l’eau tiède active les levures tandis que l’eau chaude est néfaste. N’oublions pas que la qualité de l’eau fait aussi toute la différence. Tu te rappelles du test de la cruche?

Pain sans gluten: il est conseillé d’ajouter plus de liquide car le gluten qui donne l’élasticité à la pâte, doit être composé d’une façon ou d’une autre.

Qu’en est-il de notre bilan?

  1. Qualité de vie: nous avons repris le contrôle sur un bien de consommation fort présent dans notre vie. Nous connaissons la qualité d’origine et contrôlons la quantité.
  2. Emprunte déchets: nous n’avons plus besoin de jeter à la poubelle le sac dans lequel nous achetions notre pain à usage unique. Les ingrédients nécessaires à la production de notre pain sont achetés en grande quantité donc nous réduisions la production des emballages.
  3. Emprunte CO2 (voir le tableau ci-dessous): un pain complet prêt à consommer a une emprunte de 0.9 kg de CO2 par kg de pain. Je dirais que notre pain à la même valeur. L’important ici réside dans la qualité et le dosage des ingrédients.
  4. Emprunte environnementale: le pain que nous ne consommons pas part directement au compost. Aucune molécule nuisible pour l’environnement, sa faune et sa flore. L’impact est donc positif pour nous.
  5. Emprunte portefeuille: nous économisons de 2 à 6 euros/pain. y a pas photo.

Alors oui nous l’avons retrouvé notre pain perdu.

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